La vie d’Immogo – Trainé devant la justice par la FNAIM

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Au début, Immogo était un site assez simple. Je l’avais construit moi-même avec un logiciel qui s’appelle ‘Freeway’, inventé par des programmeurs chez QuarckXpress et très intuitif. Le propriétaires m’envoyaient des photos que je mettait en rang les unes en dessous les autres, et des textes que je traduisais moi-même en Néerlandais, Français et Anglais pour les publier en trois colonnes. Des présentations simples mais efficaces.

Il n’y avait qu’un seul façon de payer. La construction de la page était gratuite, y inclus les traductions, mais les proprios devaient me promettre 1% du prix publié en cas de vente par le biais d’Immogo. Il n’y avait rien à signer, car je travaillais avec un ‘contrat de seigneur’. Une simple promesse. Beaucoup de gens me disaient que j’étais fou d’avoir confiance. Mine de rien, dans la deuxième année j’avais environs 150 maisons sur le site. Chaque fois quand quelqu’un me disait qu’il avait vendu, je supprimait la page sans plus rien demander. Dans la deuxième année, il y avait quand même 13 vendeurs particuliers qui m’avaient envoyé un mail pour me dire: “Félicitations! Nous avons vendu à quelqu’un venu par votre site. Vous pouvez m’envoyer une facture”. Dans cette année 2007, j’ai fait un chiffre d’affaire de 17.000€ environs. Une moyenne de 100 euros par page mise en ligne. Pas énorme, mais tout sur base de confiance! Les gens étaient honnête.

Un beau jour, je reçois un coup de téléphone de la gendarmerie. Je devais me rendre au bureau, parce qu’une plainte avait été posé contre moi. Je n’ai rien compris, mais une fois devant le gendarme, il ma’ fait comprendre que le président de la FNAIM en Saône-et-Loire, un agent immobilier de Louhans, m’avait dénoncé pour travail d’entremise immobilière sans avoir la carte professionnelle. Surtout le fait que je demandais un pourcentage après la vente (comme les agences immo mais 5x moins cher) était un point de contention.

J’ai essayé d’expliquer que je ne faisais pas de l’entremise, parce que je n’était pas intermédiaire entre vendeur et acquéreur. Quand il y avait des demandes d’information, je les redirigeais directement vers le vendeur, à qui j’ai laissé le soin de faire tout le travail d’un vendeur particulier: visite, négociations, vente, allez chez le notaire etc. Moi je ne faisais que de la publicité. En effet, je l’avais écrit comme ça sur le site: “Vous ne payez pas pour la vente de votre maison, mais pour la publicité réussie”. Le gendarme semblait sympathique.

Par Gregor Hakkenberg, propriétaire & service clients

Par contre, quelques mois plus tard, j’ai reçu une lettre du procureur de la république. Après une plainte par la FNAIM, il avait monté un procès contre moi pour l’entremise immobilier sans carte professionnelle. On m’a instruit de venir au Palais de Justice à Chalon-sur-Saône pour être jugé coupable.

[à suivre]