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Pourquoi les Hollandais viennent-ils en France ?

Les hollandais en france, quel honte!Comme immigré depuis 20 ans, et spécialiste de l’immobilier entre particuliers, j’en connais pas mal, de Néerlandais qui viennent vivre en France. Mais pourquoi? Qu’est-ce qu’il les tente de venir ici ? Quand on regarde de plus près, on peut reconnaitre différents espèces de Bataves qui prennent l’autoroute du soleil pour se rendre dans l’hexagone.

Tout d’abord, bien sûr, il y a les vrais francophiles. Ceux qui connaissent l’atlas des vins par cœur, ont leurs propres adresses pour les fromages de moines, de chèvre et d’ânesse, avec ou sans veines bleues, et savent exactement quel Châteauneuf-du-Pape est le meilleur choix pour accompagner un Médaillon de Veau aux Truffes. Ce sont des gens qui après chaque voyage en France reviennent chez eux pour régaler leurs amis avec des histoires d’obscurs restaurants à la cuisine divine, où ils ont pu passer quelques instants dans un paradis dégustatif et olfactif pour seulement quelques sous. Ils se sont retrouvés – bien étonnés de se trouver ensemble – dans des chambres d’hôte chez une Comtesse en fin de vie, qui leur a permis d’entrer librement dans sa cave pleine de chefs-d’œuvre œnologiques. Ce sont eux qui jamais de leur vie voudraient vraiment vivre en France, parce que leurs histoires vantardes y sont beaucoup moins spéciales qu’elles ne le sont parmi les barbares culturels hollandais.

Puis, il y a les amoureux du soleil. Ils ne veulent qu’une seule chose : rouler au plus vite possible vers le sud, chaque année au même camping, pour s’y exposer dans toute leur nudité délicate sur la plage ou devant la caravane. Le plus souvent, ils ne parlent pas un mot de français et ils n’ont pas besoin de l’apprendre, car le patron du camping est un compatriote et le serveur français du restaurant peut réciter le menu entièrement en néerlandais. Avec un accent français affreux. “Mais”, se disent-ils, “C’est une langue difficile pour eux, tu sais ? On ne peux pas leur en vouloir. Au moins, ils font de leur mieux. Aussi parce qu’ils savent que nous, nous ne sommes pas des Allemands.

Bien sûr, il y a aussi une catégorie intermédiaire, celle des gens qui aiment voyager en France, qui font de leur mieux pour parler français et qui apprécient non seulement le soleil mais aussi la culture et la nature. Ils n’on pas peur d’une cathédrale plus ou moins, et iront sans problème à l’hôtel si c’est trop humide pour une tente. Un groupe sympathique, avec un défaut important : on ne peut difficilement les ridiculiser ici.

Voilà pour ce qui est les vacanciers. Ensuite, il y a bien sûr les émigrants, répartis dans trois catégories: aventuriers, retraités et réfugiés économiques.

Les aventuriers. Oui, il y a des gens qui viennent en France simplement parce que c’est possible et parce qu’ils veulent essayer. J’en fais partie. Mais cette catégorie est beaucoup plus complexe. Je ne pense pas que quelqu’un soit vraiment un aventurier s’il – comme moi – peut simplement emporter son travail et s’il parle un peu français. La base de revenu est maintenue et il déménage à l’intérieur de l’UE. Il aurait aussi bien pu aller au Pays de Galles. Bien que cela me semble être un défi plus difficile, avec tous ces Gaulois là bas.

Non, je pense que les vrais aventuriers sont ceux qui quittent leur travail aux Pays-Bas, qui vendent toutes leurs possessions et qui essaient de construire une nouvelle vie en France. J’ai des amis dans le Morvan qui ont fait ça. À l’époque, ils avaient une fille de trois ans et un garçon de quelques mois. Ça, c’est vraiment courageux ! Heureusement qu’ils sont tombés sur les pattes, mais ça aurait tout aussi bien pu mal tourner.

En ce qui concerne les retraités, il s’agit soit de déménageurs permanents qui appartiennent au groupe le moins aventureux parce qu’ils ont un revenu aux Pays-Bas. Ou les vacanciers, qui se divisent entre francophiles, amoureux du soleil et de la catégorie intermédiaire.

Une deuxième catégorie importante d’émigrants me semble être celle des réfugiés. Il y a par exemple des personnes qui n’ont plus pu gagner leur vie aux Pays-Bas et qui sont donc parties. En particulier de nombreux agriculteurs qui veulent redécouvrir les quotas laitiers ici. Mais je pense qu’il y a un groupe beaucoup plus important qui est allé en France parce qu’ils avaient marre des Pays-Bas. Ils n’ont donc pas opté pour venir en France, mais pour quitter les Pays-Bas.

Ce sont des gens qui en ont assez des « Pays-Bas avec toutes les règles », de « l’insécurité » et de « tous ces immigrants avec leurs habitudes étranges ». Ils rentrent donc d’un carnaval froid en France, parce qu’ici aussi, il y a énormément de paperasse, et des femmes battues ou même assassinées par leurs époux. De plus, en France aussi il y a une énorme croissance d’immigrés qui refusent de s’intégrer. Ces étrangers restent souvent ensemble et s’entêtent à parler leur propre langue. Ils invitent des dizaines de membres de leur famille et de leurs compatriotes en France chaque année. Et ils essayent d’emporter le plus de choses possible de leur pays d’origine, car ces immigrants mal intégrés ne peuvent pas vivre sans leurs aliments étrangers, comme le Gouda, la réglisse et le beurre à cacahuètes. Honte!