Pourquoi les gens s’installent-ils (ou non) en France ?

En plus de mon travail de webmaster d’Immogo, j’ai également tenu un blog néerlandais avec des conseils quotidiens sur la France, avec une discussion permanente sur la France dans une atmosphère tour à tour humoristique, vivante, bien informée et ignorante. Ce qui est bien, c’est que les gens s’intéressent manifestement à la France pour des raisons très diverses. Essayons de faire l’inventaire des personnes qui (veulent) s’installer en France. Ou pas.

Tout d’abord, il y a bien sûr les vrais francophiles. Ils connaissent l’atlas des vins par cœur, ont leurs propres adresses pour le fromage de moine, le fromage de chèvre et le fromage de brebis, persillé ou non, et parlent du parfait verre de Chateaubriand avec leur Médaillon de Veau aux truffes. Ce sont eux qui ramènent à la maison des histoires de restaurants obscurs à la cuisine divine, où ils ont vécu dans un paradis olfactif et gustatif pendant quelques instants et pour quelques sous seulement. Ceux qui ont découvert par hasard une chambre d’hôtes appartenant à une comtesse mourante, qui leur a fait découvrir une cave remplie de chefs-d’œuvre œnologiques. Et qui, pour rien au monde, ne voudrait vivre en France, parce que leurs histoires ne seraient pas considérées comme aussi intéressantes par les Français que par les bouseux de chez nous.

Ensuite, il y a les amateurs de bronzage. Ils n’ont qu’une envie : descendre le plus vite possible vers le sud, dans le même camping chaque année, se déshabiller et s’allonger sur la plage ou devant la caravane. La plupart du temps, ils ne parlent pas un mot de français et ils n’ont pas besoin de le faire, car le propriétaire du camping est un Néerlandais multilingue et le serveur français du restaurant est capable de réciter tout le menu en néerlandais également. Avec un affreux accent français, mais cela ne nous dérange pas. Mais le néerlandais est une langue difficile pour les Français. On ne peut pas leur en vouloir. Au moins, ils essaient. Ils le font parce que nous ne sommes pas allemands.

Et bien sûr, il y a une catégorie intermédiaire, celle des personnes qui aiment simplement visiter la France, qui font ce qu’elles peuvent pour parler français et qui apprécient la culture et la nature au moins autant que le soleil. Ils ne comptent pas les cathédrales qu’ils ont vues et se réfugient également dans un hôtel si le temps est trop mauvais pour monter la tente. Un groupe très sympathique, avec un seul inconvénient : On ne peut pas se moquer d’eux.

C’est une question de vacances. Ensuite, il y a les émigrants. Permettez-moi d’essayer de les classer par catégories

Aventuriers. Oui, certaines personnes s’installent en France simplement parce qu’elles ont cette possibilité et parce qu’elles veulent tenter l’expérience. Je suis l’un d’entre eux. Mais cette catégorie est beaucoup plus complexe que cela. À mon avis, vous n’êtes pas très aventureux si vous pouvez vous contenter d’apporter votre travail avec vous et si vous parlez un peu le français au départ. Votre revenu de base est maintenu et vous n’avez qu’à vous déplacer à l’intérieur de l’Europe. Vous auriez pu aller en Frise à la place, cela aurait été la même chose. Même si, à bien y réfléchir, il aurait pu être plus aventureux avec tous ces Frisons.

Non, je pense que les vrais aventuriers sont ceux qui abandonnent leur travail aux Pays-Bas, vendent tout ce qu’ils ont et recommencent à zéro en France. J’ai des amis dans le Morvan qui ont fait cela. À l’époque, leur fille avait trois ans et leur fils quelques mois. C’est ce que j’appelle l’aventure ! Heureusement, tout s’est bien passé pour eux, mais cela aurait pu être bien pire.

En ce qui concerne les retraités, il s’agit soit de déménageurs permanents qui n’entrent pas dans la catégorie des aventuriers parce qu’ils disposent d’un revenu fixe aux Pays-Bas. Ou bien ce sont des vacanciers, que l’on peut classer en francophiles, en amateurs de bronzage et dans les catégories intermédiaires.

Une deuxième catégorie importante d’émigrants est, à mon avis, celle des réfugiés. Par exemple, les personnes qui n’ont pas pu gagner leur vie dans leur pays et qui l’ont quitté pour cette raison, sont souvent des agriculteurs prêts à réinventer les quotas laitiers ici. Mais je pense qu’un groupe beaucoup plus important s’est installé en France parce qu’il était devenu fou en Hollande. Ils n’ont pas choisi d’aller en France, ils ont choisi de quitter la Hollande.

Ce sont les personnes qui en ont assez de la “Hollande avec toutes ses règles”, de “l’insécurité” et des “immigrés”. Ils se réveillent rapidement après avoir déménagé en France, car la paperasserie y est encore pire qu’aux Pays-Bas et les enseignants n’y sont pas en sécurité non plus. Et puis, de plus en plus d’étrangers arrivent ici aussi, refusant de s’intégrer. Ces immigrés se serrent souvent les coudes et continuent à parler leur propre langue. Ils amènent également des dizaines de membres de leur famille en France chaque année. Ces immigrés mal intégrés ne peuvent en effet se passer de certaines choses essentielles comme le beurre de cacahuète, la réglisse et le fromage hollandais.

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